META
MARI CARMEN HERNANDEZ
Paris - France
Mari Carmen peint avec une vitalité, une énergie, une force et des couleurs
qui expriment continûment son origine, le Mexique. On a l'impression qu'elle
arrache ses pigments aux arbres, sa matière au sol et qu'elle doit son geste
à la danse. Un visage devient totem, un il la terre, et le reflet a autant
de consistance que ce qu'il reflète. Car, pour avoir été là-bas avec elle,
je sais que les rêves et les réalités poussent du sol avec une vigueur
égale.
Eric-Emmanuel Schmitt EYE AY I 2003
Mari Carmen Hernandez peint abstraction et image. Elle peint des visages, des fleurs, des fruits. Tous ces thèmes sont des prétextes à faire jouer des qualités picturales presque purement abstraites : des incendies de couleurs, des matières passées à grands gestes lyriques, la forme répétitive de visages dont le regard fixe me laisse perplexe.
Yves Michaud Ateliers au féminin 2000
Cest un être qui connaît la valeur de la paix intérieure parce que cest
un tourbillon ; ses marines, elle les offre comme un instrument susceptible
de nous aider, nous, ses spectateurs et admirateurs, à nous perdre dans cet
infini tranquille de tons paisibles et éteints parsemés de touches claires,
pour mieux comprendre la valeur de ses autres tableaux. Elle nous invite de
la sorte à oublier le monde extérieur pour voyager avec nous-mêmes,
entraînés par ce cours deau et sans limites aucune, afin que nous nous
laissions aller, aller et aller, au sein de cette immensité.
Jorge Carpizo Acaba de pasar 1997
Ce peut être un fantasme de Mari Carmen Hernandez. Un portrait nest pas
uniquement le produit dun style ou dune qualité picturale, cest aussi une
machine mystique, un miroir, un mandala dans lequel le regard se concentre
et se perd pour finir par trouver soi-même dans les yeux de lautre.
Biologiquement improbables mais puissantes comme des machines scrutantes,
les faces de Mari Carmen mont pénétré.
Et cela pour moi est plus que suffisant.
Franco Maria Ricci Faces 1994
"Le Classique à la rencontre du Moderne
Longue et brune, animée par une irrépressible joie de vivre et une détermination en acier, lartiste mexicaine Mari Carmen Hernandez vie aujourdhui un de ses rêves de petite fille : peindre sous le ciel de France. Installée à Paris, elle a conservé dans son nouvel appartement une toile de fond de boiseries au bel équilibre classique pour mettre en scène sa peinture et lartisanat de son pays.
Larc en ciel est né au Mexique, ce nétait pas suffisant pour retenir Mari Carmen, qui un jour, a quittée la terre magique de son enfance. Bien lui en a pris. Car Mari Carmen est de celles qui réalisent ses rêves avec une intensité flamboyante. Habitée par la conscience aiguë que son travail lappelle sur le vieux continent, elle tente laventure. Architecte de formation, elle écoute les conseils de son maître penseur, Luis Barragan, et se tourne vers la sculpture, créant des formes souples en fibres textiles sur lesquelles viennent senrouler des rubans de soie aux coloris chatoyants. En 1982 elle participe au Salon dAutomne, découvre Paris. Le rêve devient réalité. Issue des civilisations aztèques et espagnoles, familière des légendes de son pays. Mari Carmen a tout naturellement choisi de sinstaller dans un de plus anciens quartiers de la capitale. Son appartement est un lieu où se rencontrent lélégance classique et les traditions de son pays. Car Mari Carmen si elle a adopté Paris, nen a pas pour autant perdu son âme mexicaine. On y découvre , sur dimmenses aplats dont locre jaune évoque lembrassement du soleil ou sur des fonds de boiseries , que la création contemporaine peu faire alliance avec lartisanat et le mobilier mexicains. On y découvre sur tout quau fil du temps Mari Carmen est devenue peintre. Un peintre dont les uvres sont un investissement total, une offrande de couleurs et lumière. Ses gammes chromatiques aboutissent a la floraison du bouquets symboliques, composés de fleurs géants dressées en murailles végétales ou retenus ensemble dans une sorte de lévitation, et qui laissent transparaître sa nostalgie de lombre.
Alexandra DArnoux Maison et Jardin avril 1993
Et comment ont réagi les habitants de lAmérique à lafflux des
cultures également anciennes des nouveaux venus ?
Un dieu, dix dieux, mille déités, tous mis ensemble dans un chaudron de
philosophies, de concepts artistiques, nouveaux aliments, matériaux de
construction, tissus, blagues, couleurs, armes, poèmes, styles de vie.
Un nouveau monde était en pleine création.
Interpréter son travail ? Jamais ! Décrire son art ? Impossible ! Regardez
ses peintures, approchez,
et rêvez
Juan Luis Bunuel Xochitl 199
"A propos de Mari Carmen Hernandez, Meta, on note dès linstant lopposition entre lartiste à lil noir, voilé de mystères et ses toiles joyeuses multicolore, ou éclate une grande vitalité.
Son énergie se déploie là en explosion, en chutes ou tracé puissant, en enchevêtrements habiles, en taches floues.
Profusion-ribambelle-cascade- de couleurs aux mouvements orchestrés sous lapparente exubérance, les uns suggérant des fleurs folles, les autres des rubans sauvages. Des rubans que Mari Carmen Hernandez a travaillé depuis plusieurs années par le biais du tissage et de la sculpture, et qui lont fait connaître au Mexique, se référant consciemment ou non, à la tradition aztèque venue remplacer lusage -plus ancien encore- des plumes au cours des cérémonies religieuses.
Mari Carmen nous montre ici des uvres, ou ces rubans, sauf quelques inclusions judicieuses, ne sont plus désormais ni matière ni canevas, mais seulement évoqués par le pinceau et traités avec égale aisance quelque soit le format de la toile.
Cest donc le cheminement dun peintre aguerri a sa technique et mûri dexpérience que nous regardons. Et moi, attentive a la joie de sa peinture, je suis très heureuse de laccueillir pour cette première exposition à Paris qui coïncide avec lanniversaire de la découverte du Nouveau Monde, il y à cinq cent ans."
Christine Marquet de Vasselot Paris, 1992
Depuis si long temps déjà, des décennies entières, la sculpture refroiditcomme sil nexistait dautre abstraction que glaciale, dautre modernité que celle de limmobilité. Et, plus, elle est froide, plus elle exige de ses thuriféraires le respect muet dû à lautorité de lhistoire de lart en marche. De plus en plus monumentales, de plus en plus abrupte, luvre ne vaudrait que par son éloignement ;
Rares sont ceux qui parcourent dautres chemins, ces chemins qui errent à travers la forêt et les lianes, pour, peut-être, ne mener nulle part
Mari Carmen Hernandez en est. Ses uvres sont organiques, vivantesseul le hasard les rend immobiles ; elles bougeraient si volontiersil suffirait dun instant dinadvertance.
Les matériaux sont proches, familiers, nobles sans être compassés ; ils osent, si naturellement, les couleurs, les reliefsle satiné des rubans vifs.
Sculptures, peut-être, mais, mais si peu sculptées ; elles sont souples, nul interdit ne les fige à tout jamais. Il est permis de les toucher, de les déplacer. Elles sont là, proches, dans la vie. Nulle intimidation mais toute la chaleur dune présence.
Gilles de Margerie Paris 1988